Une clinique en Jordanie pour pallier la douleur des réfugiées syriennes

Jeudi, 14 janvier 2016
Rosa M. Tristán @RosaTristan

Alianza por la Solidaridad soutient un centre de santé dans la ville jordanienne de Madaba qui offre des consultations gynécologiques et psychologiques à des milliers de femmes qui ont traversé la frontière à cause la guerre en cours chez le pays voisin.

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Les yeux de Fatima s’humidifient lorsqu’on mentionne le mot “maison”. La sienne a été pulvérisée il y a bientôt trois ans, dans un bombardement de la ville syrienne de Daraa. Ville où elle est née et qu’elle a dû fuir avec sa famille afin de survivre à une guerre civile brutale qui a déjà emporté plus de 220 000 syriens. Mais Fatima ne cesse de rêver au jour de son retour devant les ruines de sa maison. Au jour où elle reconstruira sa maison, avec sa famille.

À 45 ans, avec trois de ses quatre fils malades et un mari qui la maltraite, Fatima est une des nombreuses femmes qui débarquent à la clinique de Madabaen Jordanie, ouverte il y a huit mois par Alianza por la Solidaridad et l’ Institut de la Santé Familiale dans ce pays, avec les fonds de l’ Agence espagnole de coopération internationale de développement (AECID).

“Je suis venue à la clinique car j’en ai entendu parlé par les voisines. Je me sentais tellement mal ! Je ne pouvais pas continuer comme ça. Mon mari énormément changé depuis que nous sommes en Jordanie. Il était chauffeur et ici il ne peut pas travailler. On lui interdit d’effectuer sa profession. Il me crie dessus, me frappe. Mes enfants et moi-même subissons son changement. Il croit que je viens voir la gynécologue, mais pas seulement. Je viens aussi voir si la clinique peut m’aider pour “ça”. ”. Ici, je me sens bien. Désormais, je me sens beaucoup mieux”, assure de son côté Rania, 37 ans, native d’Alep.

La clinique de Madaba n’est pas un centre de santé comme les autres. Petite et très bien entretenue, située dans le sous-sol d’un immeuble du centre-ville, elle ne se détache guère de la grisaille des environs. Elle rêvet deux fonctions. La première comprend un accueil dédié à la santé sexuelle et reproductive, gratuite, dans lequel des milliers de femmes syriennes ont retrouvé une attention perdue lorsqu’elles ont dû abandonné leur pays en guerre. La seconde est aussi une planche de salut à laquelle ces femmes s’accrochent pour survivre à la violence exercée par leur mari. Un lieu de rencontre et de soutien psychologique, thérapeutique mais aussi d’appui pour aller de nouveau vers l’avant et réussir à rêver de nouveau.

clinica madaba 2Les réfugiées qui arrivent à cette clinique essaient de “rétablir”, avec l’aide de spécialistes, cette joie ancrée dans leur pays d’origine. Il y a également des réfugiées qui ne peuvent pas venir à la clinique. Celles qui sont venues un jour et qui n’ont jamais réapparu, ou bien celles qui sont malades, ou d’autres avec de nombreux enfants à charge… C’est pourquoi le personnel de la clinique leurs rend visite une fois les consultations terminées. C’est la forme de suivi de la patiente, choisi le personnel, qui leur permet de mieux connaître le contexte de chacune.

Lors de ces visites à domicile, l’équipe de la clinique leur laisse un sac de nourriture : pois chiche, sucre, farine… Un “kit” qui leurs permettra de manger pendant plusieurs jours. Les 15 dinars jordaniens (environs 12 €) mensuels que reçoit officiellement chaque personne s’avèrent clairement insuffisants. “Ici, on vit de l’aide internationale. Sans elle, on aurait rien. Nous ne pouvons pas travailler. On ne peut pas non plus rentrer en Syrie. “Qu’est-ce qu’on va faire ? Dîtes à votre pays que l’on a besoin de votre aide, s’il vous plaît”, supplie une mère de famille.

Uniquement en Jordanie, les chiffres officiels parlent de l’accueil de 650 000 de personnes déplacées à cause de la guerre. Dans la clinique, on évoque le millionDans tous les cas, il y aurait 33 % de victimes de violence faites aux femmes, selon la récente enquête d’Alianza por la Solidaridad.

Maintenir ce centre ouvert est un pari réalisé par Alianza et IFH. Nous pensons que l’appui de la société espagnole pourra garantir 7 000 réfugiées puissent continuer d’avoir accès à un espace unique à Madaba.


Fuente: Planeta Futuro / El País

 


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